Nos trois églises

Saint Luc
4bis, place Saint Luc
04 78 25 39 01
Sainte Foy
13, place Xavier Ricard
04 78 59 30 71
Sainte Thérèse
105, rue Ct Charcot
04 72 16 05 27
 

Témoignages de paroissiens recueillis lors d’un partage

Des couples avec des enfants :

« Pendant ce confinement, nous avons passé de bons moments, nous avions le temps… et noué plus de lien avec les enfants. Cela n’a pas toujours été évident pour faire faire les devoirs aux enfants. La communauté nous a manqué pour la fête de Pâques… je n’étais pas « dedans », ce n’était pas évident de suivre la messe à la TV avec les enfants qui « décrochaient » vite… pas de temps pour moi, pour trouver un petit moment pour prier seule… »

« J’ai eu beaucoup de travail en tant qu’enseignante pendant le confinement et après… tout en gérant mes enfants et le quotidien… En résumé : une période très fatigante. »

Des personnes retraitées :

« Nous avons suivi tous les matins à 7h la messe du pape, c’était un rituel et cela nous a manqué quand la diffusion s’est arrêtée après le déconfinement. »

« Nos petits-enfants nous ont manqué… on a les a trouvés grandis au bout de 2 mois… »

« J’ai vécu une semaine Sainte « intense » en suivant les célébrations sur la chaîne You Tube du Diocèse et en suivant tous les moments de réflexion et de prière proposés par nos prêtres… J’ai vécu une très belle veillée pascale et j’étais en communion avec les paroissiens qui vivent autour de moi…J’ai vraiment pris le temps de prier tous les jours… ce repos forcé m’a fait beaucoup de bien. »

« Ce confinement a été un moment très difficile à vivre. J’ai hébergé ma sœur malade, impossible pour moi de suivre les messes sur internet… pas facile de se recueillir devant sa télé, lorsqu’on est à plusieurs dans la pièce… j’étais vraiment « en manque » pendant ce temps de Pâques… J’ai été heureuse de retrouver la célébration de l’eucharistie. »

Une maman avec de jeunes adultes :

« Confinée avec mes 2 enfants, j’ai retrouvé la joie d’une vie de famille avec des activités en commun. J’ai aussi apprécié ce moment de calme, sans agitation… »

Témoignages : « Comment j’ai vécu le confinement »

1- Ce temps de confinement m’a permis de mesurer la force du lien avec ma famille, mes amis. L’adage « loin des yeux, loin du cœur » ne m’a plus paru très juste car je ne me suis jamais senti aussi proche d’eux ; proche aussi de ma paroisse grâce aux célébrations télévisées. Le mot « communion » a alors pris tout son sens : « Communion des cœurs ».

J’ai pu donner plus de temps à Dieu et prendre plus de temps pour moi, ce qui m’a apporté beaucoup de sérénité, une grande détente du corps et d’esprit. Arrêter de me perdre dans de multiples occupations, me poser, me re-poser, m’a permis de goûter l’instant présent, de vivre pleinement ce présent comme un cadeau de Dieu.

J’ai décidé de revenir à une consommation raisonnée selon la méthode « BISOU » : 5 questions à se poser avant un achat : en ai-je vraiment Besoin ?... dans l’Immédiat ?... ai-je déjà quelque chose de Semblable ?.... quelle est son Origine ?... est-ce vraiment Utile ?

(Une retraitée)

2- « Confinement » aurait pu rimer avec « enfermement »… Pour moi ce ne fut pas l’enfer mais plutôt une montée au paradis ! Emerveillement devant la beauté de la nature printanière, le chant des oiseaux, le silence assourdissant !

Temps de pause, de repos, de ressourcement, ayant pris plus de temps pour prier, pour être à l’écoute de Dieu à travers la lecture de la Parole, mais aussi beaucoup de temps passé au téléphone à l’écoute des autres, familles, amis, voisins, pour partager leurs joies, ou leurs peines lors de décès…

Temps de forte communion spirituelle grâce aux messes et célébrations suivies par internet : Semaine Sainte, Pâques, Ascension, jusqu’au jour de la Pentecôte où l’on a pu enfin sortir de nos cénacles, embrasés par le feu de l’Esprit Saint comme les apôtres, dans la joie de retrouver tous nos proches, notre paroisse !

Un temps béni, un temps de grâce pour notre monde dans l’Espérance d’un A-venir où « Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent » (Ps 85) ! 

(Une retraitée)

3- J’ai vécu ce temps intensément, humainement en faisant l’expérience du lien d’humanité qui nous unit tous. Mais surtout, intensément en présence de Dieu. La correspondance entre le carême et le confinement a été un appel très fort à vivre, pas seulement un carême d’intention, mais un carême de réalité.

Certains textes de la liturgie m’ont particulièrement renouvelée :

  • le 25 mars pour l’Annonciation : Marie est chez elle dans sa maison, l’Ange la visite, et cette rencontre va changer le cours de l’Histoire. Pour moi aussi dans ma maison : Dieu me visite dans la prière, et cela peut changer ma vie. Sans église, ma maison est devenue le lieu unique de la rencontre avec Dieu.
  • Le 27 mars place St Pierre : le Pape médite « la tempête apaisée », alors qu’il est lui-même dans la tempête avec la pluie et le vent : l’Eglise est avec nous dans nos tempêtes, et pendant ce confinement j’ai vécu une grosse tempête, mais je ne suis pas seule. Dieu, par la parole et l’exemple du pape ce jour-là, m’a fait passer de l’inquiétude à la confiance.
  • L’Evangile du dimanche 29 mars : Lazare confiné dans son tombeau ! En fait pendant le confinement, le manque de liberté physique ne m’a pas pesé, car la liberté intérieure que donne le Christ ouvre à des espaces infinis. Le confinement m’a invitée à cultiver mon intériorité.

Frappée aussi par la première chose que fait Jésus après sa résurrection : Il vient là où sont confinés les disciples, et leur donne sa paix. Incroyable actualité… De dimanche en dimanche, je me suis sentie unie aux premiers chrétiens qui « rompaient le pain dans les maisons ». Et puis, vivre la mort et la résurrection de Jésus « dans mon canapé » a été tellement fort que j’ai encore plus envie de « sortir de mon canapé » pour l’annoncer à ceux qui n’ont jamais entendu parler de notre Dieu. Nous partageons la même humanité, mais vivre avec ou sans Dieu, ça change vraiment tout.

(Une mère de famille en activité)

4- Etant retraité, ce temps de confinement a été vécu comme un temps béni, avec le sentiment d’être privilégié, cependant vécu sans culpabilité, mais dans l’action de grâce et l’intercession pour tous ceux qui vivaient si durement ce temps. J’ai aimé le silence, le calme et de pouvoir revenir à l’essentiel. Paradoxalement les moyens actuels m’ont permis d’être en lien avec le monde, avec d’autres communautés, avec d’autres, en quelque sorte de « sortir d’un vase clos ». L’Esprit Saint est à l’œuvre dans le monde, sans nul doute !

5- J’ai vécu le confinement en plusieurs phases : à l’annonce du virus, j’ai ressenti la peur, l’angoisse, la solitude, ma fragilité, et comme après la mort de mon mari, l’inconnu de l’avenir. Les jours se sont succédés, le confinement était là… Etant une « personne à risque », mes enfants, petits-enfants, amis et aussi voisins, grâce au téléphone, ont fait que j’ai vraiment perçu l’amitié, l’entraide. La Semaine Sainte est arrivée, je l’ai vécue tellement différemment des précédentes : RCF, les homélies des prêtres, les messes retransmises, m’ont permis de vraiment m’intérioriser, de prier autrement, de changer mon regard. Mais il y eu aussi bien sûr des journées interminables.

Une autre phase maintenant avec le déconfinement, progressif mais un peu difficile à vivre avec les masques, les distances, le retour à la messe, l’appréhension mais aussi la joie de retrouver la communauté dans une autre atmosphère, plus recueillie. 

(Une personne âgée)

6- « ECOUTER » : Chemin de déconfinement

Trois semaines « d’écoute », sans aucun appel.

Passés une certaine frustration, un sentiment d’inutilité, une grogne intérieure pour ces 4 heures semaine offertes mais devenues « perte de temps », l’espace s’ouvrit à la prière pour tous ceux que « je n’écoutais pas » … et qui peut-être, comme moi, attendaient.

Et si cela m’avait « ouvert l’oreille » ? Oui, à la surprise d’un appel inattendu de la « plate-forme » me proposant, comme une nouveauté, une heure d’écoute semaine, un jour différent de ceux proposés par moi : un « déplacement ». 

Et si ces petits « événements » avaient offert à « l’autr e», l’espace de « dé-maîtrise » de mon propre cœur où poser sa voix sans visage, souvent sans nom, des bribes de son histoire, de sa souffrance, de sa détresse… son cri, sa peur, sa lassitude, sa solitude… et qui sait, quelques grains enfouis de Foi, d’Espérance, d’Amour ?

Et de ma petite foi, « je sus » intérieurement, qu’à la mesure de mon effacement et de mon impuissance, drapés dans la prière d’une communauté de sœurs, « La Voix de fin Silence » du TOUT AUTRE » pouvait s’être glissée aux replis de la mienne, « élargissant » d’un pan « l’Espace de ma tente » pour « écouter du cœur » battre le cœur d’un autre. Car, insoupçonnés et inattendus sont les chemins de dé-confinement de notre Dieu, depuis que Son Fils Unique et Bien-aimé a consenti au confinement de notre chair mortelle, « pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort ».

Ainsi peut se poursuivre en silence, l’Ecoute Intérieure de ses frères et sœurs en la prière quotidienne d’une communauté, espace offert à la rencontre de tout humain, de tout l’humain, et de l’humanité avec le Dieu de Jésus-Christ… 

(Une religieuse)

7- Le confinement a été pour moi un temps de joie, pour tous les moments de communion familiale, et un temps de souffrance, dû à l’enfermement, la vie les uns sur les autres, le surcroît de travail et le manque de temps de ressourcement seule. J’ai par contre beaucoup apprécié pouvoir me brancher n’importe quand sur des temps de prière en ligne et ainsi vaquer à mes occupations avec les offices liturgiques ! Indispensable pour ne pas déprimer pendant ces temps éprouvants ! Mon mari qui travaillait à l’hôpital s’est retrouvé dans des services COVID. Quand nous l’avons appris, ça a été un grand stress pour moi. Le début du confinement s’est passé avec une certaine angoisse devant ce virus nouveau, invisible, mais nous nous sommes habitués à vivre avec. Nous avons moins écouté les infos pour se concentrer sur la vie familiale. A la maison, je devais gérer le quotidien et m’improviser maîtresse pour trois enfants. C’est une véritable vocation, et de toute évidence, ce n’est pas la mienne !

Puis nous sommes entrés dans la Semaine Sainte. Là, nous avons pu vivre de très beaux moments spirituels en famille. C’était l’occasion d’expliquer aux enfants ce que Jésus a vécu des Rameaux jusqu’à Pâques. Ils ont très peu accroché avec les messes diffusées sur internet. Alors, nous avons choisi de célébrer une liturgie familiale où ils mimaient l’évangile et lisaient les textes de la Parole de Dieu. Le Jeudi Saint, papa nous a lavé les pieds. Vendredi Saint, nous avons inventé un chemin de croix traversant la maison. Et pour la première fois, les enfants ont pu découvrir la Vigile Pascale, habituellement trop tard pour eux : nous avons fait un feu et chaque enfant y a allumé son cierge de baptême.

Pendant ce confinement, nous avons ainsi découvert la richesse de célébrer ensemble en famille le mystère de la Résurrection et la messe dominicale. Les enfants ont été ravis et ont posé de nombreuses questions sur la foi et la vie de Jésus. Et c’est peut-être un fruit du confinement : ils n’ont jamais été aussi sages à la messe que depuis que nous pouvons y retourner physiquement ! Gloire à Dieu ! 

(Une mère de famille) 

Edito

Les richesses du confinement

On a tout dit et tout écrit sur les ravages directs et indirects de la Covid-19 à travers le monde. Jamais on n’oubliera cette période qui a paralysé la planète entière. Cette pandémie a plongé le monde et plusieurs institutions dans une gestion inédite. Les anciens qui ont connu la guerre mondiale disent que, même à cette époque, on allait à l’église pour la messe. La période actuelle est inédite. C’est du jamais vu ! C’est comme si le monde s’était arrêté tout d’un coup. Oui, on a observé, jaugé, critiqué, admiré, applaudi et pleuré aussi. On a eu le temps de faire les choses autrement, c’est-à-dire inventer et créer. Des nouvelles manières de faire et d’exister ont vu le jour : on a continué à faire les mêmes choses mais d’une autre manière. On a continué à travailler mais en privilégiant le télétravail. On a continué à participer aux messes mais en les regardant sur les réseaux sociaux. Mais qu’est-ce que ce temps du confinement a apporté aux uns et aux autres ? Qu’a-t-on vécu de positif dans cette période ? Cette période a permis de se rapprocher les uns les autres. Des voisins ont appris à se connaître un peu plus en profondeur, voire même à partager des confidences. On a vu naître un élan de solidarité entre les personnes. Les téléphones ont chauffé pour rester en contact avec des personnes non connectées aux réseaux sociaux. Des personnes seules ne pouvant pas sortir pour faire des courses ont vu leurs voisins leur proposer de le faire.

On a entendu très souvent des expressions comme celle-ci : « Si tu as besoin de quelque chose, n’hésite pas, je suis là. » On est passé de l’individualisme à l’altruisme du jour au lendemain en restant attentif à ce qui arrive à son voisin. Très vite l’attention s’est focalisée aussi sur les soignants, ceux qui étaient en première ligne. La charité est spontanée ! Tous les soirs, on a applaudi les « héros » de cette période qui ont donné à tous ceux qui les voyaient travailler d’arrache-pied, l’envie de devenir soignant pour sauver des vies humaines.

On s’est réjoui de la naissance des églises domestiques. On a fermé les églises mais on en a créé à la maison. C’est ce que les premiers chrétiens ont vécu au début du christianisme lorsque celui-ci n’était pas encore devenu la religion de l’empire. Les familles ont expérimenté le goût de la prière familiale à travers le chapelet et autres dévotions. La fête de Pâques, n’ayant pas été célébrée avec l’ensemble des fidèles réunis à l’église, a respecté le désir du Seigneur lorsqu’il envoya dire : « Le Maître te fait dire : c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples. » Le Seigneur a voulu célébrer cette année sa Pâque chez chacun de nous, à la maison comme il l’avait fait avec ses disciples. On s’est réjoui aussi de la simplicité de la vie. On a appris à chercher ce qui était essentiel pour vivre. On a appris à se servir de ce dont on avait réellement besoin et ce qui était important, en laissant de côté de gros moyens de déplacement. Et ce qui est important, c’est la façon dont on a agi avec les autres, les collègues de travail et la communauté car l’univers est l’écho de nos actions. On s’est attendri sur la faune et la flore qui reprenaient leurs droits dans les espaces désertés par les humains.

On espère qu’on arrêtera le comptage quotidien des nouveaux cas et des décès. On se réjouira des assemblées heureuses d’un mariage, d’un baptême en attendant la journée de rentrée paroissiale. On soudera les liens établis pendant cette période de solidarité. Faute d’embrassades, et masques obligent, on apprendra à parler le langage des yeux. Et on retrouvera la juste place de ces petits riens, dont on a été privés, mais qui contribuent à faire notre bonheur. Car le Seigneur dit à chacun et à chacune d’entre nous : « Soyez sans crainte ».

Père Dominique NDJOKO

Lire la suite

Newsletter

Recevez chaque mois Echos de Foi dans votre boîte e.mail

Guide paroissial

Guide

Œcuménisme

JMJ 2019

Bioéthique